Gestion de l'état civil : LADEC appui la formation des officiers de Butanyerera aux enjeux de demain
Pendant trois jours (du 9 au 11 février 2026), la province de Butanyerera a accueilli une formation destinée à103 responsables communaux et officiers de l’état civil. Cette initiative visait la maîtrise des procédures légales de de l’enregistrement des actes civils, dans le but de garantir la fiabilité des données nationales et, par extension, la qualité du service public. Souvent relégué au second plan dans le débat public, l’état civil demeure pourtant au cœur de l’existence juridique des citoyens. En effet, un acte correctement établi, qu’il s’agisse d’une déclaration de naissance, d’un mariage ou d’un décès, constitue la condition sine qua none d’une identité reconnue.
L’état civil, socle de la planification nationale
La formation a réuni administrateurs communaux, secrétaires exécutifs, chefs de zone et responsables de l’état civil des zones et communes de Kayanza, Matongo, Muhanga et Ngozi. L’objectif était clair : renforcer les compétences des anciens cadres, mais surtout des nouveaux officiers investis de responsabilités élargies dans le cadre de la réforme administrative et du nouveau découpage territorial.
Avec le déplacement du centre de gravité de l’administration vers la base, les chefs de zone se retrouvent désormais en première ligne dans l’enregistrement des faits d’état civil. Cette proximité avec les citoyens constitue une avancée majeure, mais elle exige rigueur, compétence et professionnalisme.
Les échanges ont également mis en lumière les fragilités persistantes du secteur : transmission irrégulière des rapports, tenue approximative des registres, détérioration des archives ou insuffisances dans le traitement des dossiers. Mme Priscille Munezero (cadre à l’Institut National des Statistiques du Burundi), formatrice lors de la troisième journée, a rappelé que l’état civil ne se limite pas à la production d’actes. Les données collectées comme les naissances, décès, mariages, alimentent directement les politiques publiques ; permettent de suivre l’évolution démographique et orientent les investissements dans la santé, l’éducation et les infrastructures sociales.
La formation a ainsi insisté sur la maîtrise des procédures modernes, l’amélioration du rapportage et l’adaptation progressive aux outils numériques en cours de déploiement. Car la digitalisation ne saurait corriger des faiblesses structurelles : informatiser des registres mal tenus reviendrait à amplifier les erreurs.
Euphrem Ndikumasabo, Directeur de la Population au sein de la DGRPAT(Direction Générale Responsable du Programme Administration et Territoire), a rappelé que le Burundi s’inscrit dans les initiatives régionales et continentales de modernisation des systèmes d’enregistrement, notamment les programmes CRVS (Civil Registration and Vital Statistics) de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) en cours de développement, et l’APAI-CRVS (Africa Programme for Accelerated Improvement of Civil Registration and Vital Statistics), en cohérence avec les Objectifs de Développement Durable à l’horizon 2030.
Des défis concrets, une responsabilité partagée
Les travaux en groupe ont permis d’identifier les principaux défis rencontrés au quotidien : manque d’outils adaptés, insuffisance de personnel qualifié, contraintes logistiques et accès limité à l’électricité dans certaines zones.
Les responsables administratifs ont souligné le fait que la décentralisation implique une responsabilisation accrue des communes. Celles-ci sont appelées à mobiliser leurs propres ressources et à investir dans le renforcement des capacités. Valentin Nahimana, Directeur Général responsable du Programme de l’Administration et Territoriale au Ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique, a rappelé que les pouvoirs élargis s’accompagnent d’exigences plus élevées en matière de performance. Le pouvoir central, a-t-il précisé, continue d’apporter un appui technique à travers des programmes soutenus par différents partenaires.
LADEC réaffirme son engagement
Au terme des trois jours, le message était sans équivoque : moderniser l’état civil commence par former celles et ceux qui en assurent la gestion quotidienne.
Dans son mot de clôture, le Directeur Gérant du LADEC, M. Séverin Nibitanga, a salué la qualité de la formation dispensée par la DGRPAT et rappelé que la réforme administrative ne produira ses effets que si les acteurs de terrain maîtrisent pleinement leurs missions et mesurent la portée de leurs actes.
Il a réaffirmé l’engagement du LADEC à accompagner le processus de la décentralisation en mettant accent sur la modernisation numérique des services de l’état civil, le renforcement des capacités des acteurs de la décentralisation, l’appui à la mise en œuvre de certains projets communaux et au développement des documents stratégiques propres à rendre effective la décentralisation.
FR
En 

