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Nouveau palais présidentiel de Bujumbura: sit-in des habitants de Gasenyi au domicile du chef de colline

 Plus de deux ans après que l'Etat du Burundi a décidé du déguerpissement d'environ 4000 ménages du terrain abritant le nouveau palais présidentiel en construction, les habitants de la colline Gasenyi concernés par la mesure changent leur stratégie de réclamation de l'indemnité d'expropriation, plus que longtemps attendue. Selon le journal Iwacu (Amakuru y'iwacu), ils se sont levés tôt le matin du 7 février 2019, pancartes à la main, et se sont dirigés vers le domicile du chef de colline Gasenyi pour exprimer leur mécontentement et exiger que celui-ci intercède pour eux auprès de l'Ombudsman du Burundi. 

Cet événement semble inédit dans l'histoire de la gouvernance burundaise, jamais avait-on vu un élu local interpellé pour un cas émanant d'une haute autorité. Le message de la population est clair. Les élus locaux n'ont pas que la responsabilité de gérer les petites affaires de la colline, ils ont également la mission de porter le plus loin possible la voix des électeurs. "Twagutoye tukwizigiye, tujane ku muhuza", pouvait-on lire sur les pancartes.

Ils savent pertinemment que le chef de colline n'a pas compétence pour résoudre ce problème, mais ils insistent pour qu'il renouvelle leur demande d'indemnisation en passant par l'autorité de l'Ombudsman. Chose qu'il a promis de faire, en saluant le calme dans lequel les manifestants ont exprimé leurs doléances.

La problématique autour de l'indemnisation des personnes expropriées des terres portant le nouveau palais présidentiel est un cas historique non seulement de par le nombre de gens qu'elle touche mais aussi du fait qu'elle se manifeste après la réforme de la législation foncière, qui, désormais prévoit la négociation à l'amiable de l'indemnité d'expropriation, donc plus de considération du citoyen dans le processus. 

Si par le passé des cas d'expropriation de fait ont eu lieu sur le territoire burundais, qui pouvait s'attendre à ce que l'histoire se répète aujourd'hui, sous cette législation vieille seulement de 7,5 ans, et de la part de l'institution la plus haut placée et, partant, première garante de la légalité?