Dix-sept mois(17mois) après la clôture du projet foncier de la Coopération suisse dans la province de Ngozi, 4 services fonciers communaux s’accrochent, d’autres décrochent…

La Direction de Développement et de Coopération suisse (DDC) au Burundi, au travers de son projet foncier, a appuyé la mise en place et le fonctionnement de six services fonciers communaux dans la province de Ngozi pendant une dizaine d'années.

Près d'une année et demie après la clôture du projet, certains services fonciers communaux tiennent bon tandis que d'autres régressent plus ou moins considérablement de jour en jour.

Marangara, Ngozi, Ruhororo et Tangara toujours en marche

La commune Marangara est allée même au-delà des attentes. Elle est la fierté de la province Ngozi en ce qui concerne la gestion foncière décentralisée.

Après le retrait du projet foncier, elle a pris et honoré l'engagement de poursuivre les Opérations Groupées de Reconnaissance (OGR) en recourant à ses propres moyens humains et financiers. Source de motivation, les OGR sont vues par l'autorité communale comme une solution efficace pour prévenir les conflits fonciers et éviter le recours à la violence dans leur gestion.

Au jour d'aujourd'hui, deux collines ont déjà été couvertes depuis le mois d'aout 2018 et les opérations débuteront d'ici peu sur une 3ème colline.

Pour y arriver, la commune Marangara a mobilisé des jeunes volontaires formés dans le cadre du projet, doués d'expérience avérée dans le domaine et jouissant d'une forte détermination à contribuer au développement de leur commune. En ce qui concerne le déplacement de ces agents, la commune utilise la moto du service foncier ainsi que celles de ses autres services qu'elle alimente seulement en carburant. A noter que, avec l'appui du projet, les OGR nécessitaient la location de véhicules pour dispatcher les équipes sur le terrain. Pour le moment, ont été privilégiées les collines proches du chef-lieu de la commune pour minimiser les dépenses liées au transport des agents fonciers.

La stratégie de bénévolat est également d'usage dans la commune de Ngozi. S'il advient que le volume des demandes de certificats dépasse les capacités normales du service foncier, l'administration communale fait appel à des agents d'appui qui viennent bénévolement pour donner un coup de main.

Toutefois, un volume important des certificats fonciers produits dans le cadre des OGR non encore retirés reste une grande préoccupation au sein de l'administration communale. En décembre 2018, celle-ci s'est résolue à assainir cette situation mais les mesures prises connaissent moins de succès.

Les services fonciers communaux de Ruhororo et Tangara ont aussi maintenu le cap. La gestion du flux des demandent de certificats se poursuit normalement. Les agents fonciers se disent satisfaits de leur rendement, la collaboration avec les administrateurs communaux est sans faille et les usagers fonciers viennent comme à l'accoutumé. La seule chose qu'ils évoquent est le manque de consommables à l'usage des services fonciers qui s'observe de temps en temps.

Kiremba et Nyamurenza en état critique

Actuellement le Service Foncier Communal de Kiremba reçoit en moyenne 10 demandes par mois mais il arrive qu'un mois passe sans aucune demande de certificat foncier. Mais là où le bât blesse encore plus, c'est que le peu de demandes reçues n'aboutissent pas à la production de certificats fonciers. Pour cause, l'administration communale de Kiremba a connu une grande instabilité avec des changements répétées à la tête de la commune. A rappeler que, dans la pratique, seul l'administrateur communal signe le certificat foncier.

Du fait qu'il le volume du travail du service foncier a très sensiblement diminué, le bureau initialement réservé à la cartographie actuellement occupé par le Conseiller Technique en charge des questions administratives et Sociales. C'est peut-être là un signe que les efforts pour réanimer ce service ne sont pas attendus prochainement.

A l'instar des agents de ce service, il est légitime de s'inquiéter de son avenir d'autant plus que les populations en perdent de plus en plus confiance.

Enfin pour ce qui est du Service Foncier Communal de Nyamurenza, on pourrait simplement dire qu'il est présentement au point mort. Les deux agents fonciers qui étaient affectés à ce service ont, l'un, démissionné, l'autre, déserté. Depuis septembre 2018, soit à peu près 9 mois à compter de la date de fin du projet foncier, le service est fermé avec des cadenas et le bureau qui servait à la cartographie des parcelles OGR est occupé par le service d'état civil. Dans l'attente des formalités administratives pour le remplacement des agents fonciers qui y étaient affectés, qui tardent à venir, les usagers fonciers se disent indignés par cet état de fait et perdent progressivement confiance en ce service.